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09.01.2008

Patrick Bloche, expert démago

Sans que ce soit une surprise, le candidat socialiste à la mairie du XIème, Patrick Bloche, s’est encore illustré par une petite phrase démago à propos de la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité sur les chaînes de télévision du service public.

Son communiqué, tel que repris par La Tribune ou le Nouvel Obs précise ainsi que « Patrick Bloche, vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale en charge des médias, a également exprimé "la plus vive inquiétude", jugeant que "ce jeu de bonneteau hasardeux consistant à déshabiller le service public pour venir à la rescousse des grandes chaînes privées dont les actions ont aussitôt décollé, augure mal des orientations de la future loi sur l'audiovisuel promise par le gouvernement". "Alors que les grandes chaînes privées ne parviennent pas à tirer profit de la croissance de la publicité à la télévision et que leurs titres atteignaient mardi matin un niveau historiquement bas (...), le président de la République vient de leur faire les plus belles étrennes qui soient en enfilant le costume de l'apprenti boursicoteur", estime le député de Paris. »

Ainsi, en bon socialiste, M. Bloche ne voit dans cette mesure qu’une aide aux grandes chaînes privées, car leur cours de bourse a grimpé dans la journée de l’annonce de la mesure. On l’a moins entendu quand le lendemain les cours de TF1 et M6 redescendaient peu ou prou à leur niveau de la veille, notamment en raison de l’annonce de taxes supplémentaires pour financer le retrait de la publicité sur les chaînes publiques. 

Si le sujet de la publicité sur les chaînes publiques est un sujet sérieux, qui mérite effectivement débat, on ne peut que trouver pitoyable cette attitude qui consiste à suspecter quasi systématiquement toute mesure de Nicolas Sarkozy de « complicité avec le grand capital ».En même temps, si le PS veut persister dans l'archaïsme idéologique, grand bien pour lui…

Commentaires

Bonjour,

C'est effectivement peut-être ce qu'on appelle un procès d'intention (je dis "peut-être" car je ne suis pas dans la peau du président).
Mais si on se penche un peu sur le fonctionnement de l'être humain (peu importe son bord politique), c'est bien normal de se poser ce genre de questions : je ne crois pas qu'on puisse nier (si oui, merci de me répondre) que le président soit proche de certains patrons ; alors il est fort logique de s'interroger sur les motivations de certaines décisions du président.

Il vaudrait mieux qu'il y ait indépendance.

Entre se faire payer ses vacances (tout ou partie) par le contribuable (ce que je ne souhaite pas en effet ; et ce qui est la justification pour M. Sarkozy d'utiliser les avions ou bateaux (entre autres) de ses amis) et se les faire payer par les patrons, il y a peut-être un juste milieu : se les payer soi-même, non ?


Après, je ne suis pas surpris de la réaction du PS... ainsi va la politique. Il existe les mêmes types de réactions dans l'autre sens.

En ce qui concerne la télévision publique, je préfèrerais qu'on se penche sur le contenu plutôt que le financement (on peut avoir une télévision publique de qualité même avec de la publicité ; même si, pour reprendre la notion d'indépendance évoquée plus haut, il vaut mieux ne pas dépendre d'annonceurs pour rester libre de ton).

Cordialement,

Mathieu

Ecrit par : mathieu | 19.01.2008

Bonjour,

La proximité entre le pouvoir politique et le pouvoir économique existe de tout temps, et je ne suis pas persuadé que Nicolas Sarkozy fasse particulièrement exception. Ce travers est même caractéristique du capitalisme "à la française", avec ses participations croisées et l'endogamie au sein des dirigeants des grands groupes industriels français. Les dégâts causés à notre dynamisme économique et aux perspectives accordées aux nouvelles générations ne faisant pas partie de cette caste me semblent bien plus grave qu'un Chef d'État voyant dans un jet privé d'un de ses amis patrons.

Rappelons nous quand même que François Mitterrand a confié Canal + à son ami de 30 ans François Rousselet, et a constitué ainsi une machine de propagande gauchiste qui n'est pas encore éteinte. Plus près de nous, Ségolène Royal est aujourd'hui financé par le richissime Pierre Bergé... Deux poids, deux mesures.

Au delà de ces accointances, il me semble que JUSTEMENT, en raison de la proximité entre le pouvoir économique et le pouvoir politique, le rôle de l'opposition (et des médias) est de dénoncer les dérives lorsqu'elles se produisent, et non de faire des procès d'intention au premier prétexte venu. Ici, l'annonce de Nicolas Sarkozy visait clairement le service public. Et prétendre que c'est un coup de pouce aux amis (Bouygues) me parait relever de la mauvaise foi.

Ceci dit, je vous rejoins sur le point que ce qui compte pour la télévision publique, c'est avant tout la qualité des programmes et non leur financement. D'ailleurs, l'indépendance des médias est un sujet complexe, mais il me semble que plus il y a de sources de financement différentes (État, annonceurs privés), mieux c'est.

Je suis d'ailleurs président d'AQIT (Association pour la Qualité de l'InformaTion - www.aqit.org), et nous réfléchissons depuis plusieurs années à ces problématiques. Je précise que cet association est plurielle politiquement, et nullement liée à l'UMP (à ma connaissance, j'en suis le seul membre encarté).

Merci de votre commentaire,
A vous lire,

Ecrit par : Thomas Zlowodzki | 21.01.2008

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