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09.01.2008

La Mairie de Paris préfère les enseignants grévistes aux parents d’élèves

Dans un entretien au Figaro, Eric Ferrand (MRC), adjoint au maire de Paris ELU DANS LE ONZIEME ARRONDISSEMENT, en charge de la vie scolaire et de l'aménagement du rythme scolaire,  explique que la Ville de Paris ne proposera pas de services aux parents pour les dépanner les jours de grève dans les écoles.

Extrait de l'article

"Le Figaro : Allez-vous mettre en place des solutions d'accueil des élèves du primaire lors de la prochaine grève?

Éric Ferrand : Le projet de Xavier Darcos est une véritable provocation! C'est une idée que je rejette totalement. Le droit de grève est inscrit dans la Constitution, et nos agents ne sont pas des casseurs de grève. C'est pernicieux et même méprisant d'aller imaginer que l'on va utiliser les salaires des uns pour payer les autres à casser une grève."

Cf lien vers l’article : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/01/09/01002-2008010...

De cet entretien, il se dégage un mépris absolu pour les parisiens… qui sont les électeurs de M. Delanoë, avec notamment cette phrase d’Eric Ferrand au Monde :

En cas de grève, "nous n'avons pas de solutions alternatives", a indiqué l'adjoint. "La solution, c'est que le gouvernement évite la grève et qu'il retire son projet de suppression de postes dans l'éducation nationale".

Si ce n’est évidemment pas la responsabilité de la Mairie de Paris de s’impliquer dans les grèves, on peut tout de même s’étonner de son absence totale de considération pour les parents d’élèves. M. Ferrand refuse un quelconque aménagement pour simplement accueillir les enfants n’ayant pas cours. Au prétexte de défendre le droit de grève.

Cela illustre une dérive d’acception du droit de grève. Pour les socialistes, le droit de grève est entendu comme « moyen d’emmerdement maximal ».Une grève n’est efficace que si elle met les autres citoyens dans la difficulté. Ce « principe d'égoïsme du gréviste » défendu par la Mairie de Paris a tout de même de quoi étonner.

A mon sens, le droit de faire grève doit être dissocié du droit de pénaliser l’ensemble des citoyens. La grève est avant tout l’expression d’une opposition des salariés à leur employeur (privé ou public). Elle est un message politique, et permet notamment l’organisation de manifestations qui sont l’occasion de présenter les revendications des grévistes. Pour autant, le droit de grève n’est pas le droit de perturber la vie des citoyens qui n’y sont pour rien, ces perturbations doivent même être considérées comme une conséquence évidente mais dont l’impact doit être minimisé. Ne serait-ce que pour montrer la solidarité des grévistes avec l’ensemble des citoyens.

En ce sens, la grève des enseignants prive déjà les enfants d’un bien précieux : l’enseignement ! Ne pas avoir classe est déjà une privation. Faut-il y rajouter le droit de ne pas être accueilli ?A moins de considérer que la mission principale des enseignants est de faire du gardiennage, il me semble que les deux « services » doivent être distingués. Les enseignants enseignent, et l’Etat (ici la Mairie de Paris) fournit des infrastructures d’accueil pour que cet enseignement se déroule.

Ainsi, que se passerait-il si d’autres catégories considéraient leur grève ainsi : les médecins en grève assurent toujours un service d’urgence, et personne ne se pose la question si les personnels administratifs des hôpitaux sont des « briseurs de grève » en accueillant les malades lors de ces mouvements.

Tout ceci montre bien le sectarisme de l’équipe de M. Delanoê, qui sacrifie des centaines de milliers de parents à sa lutte politique contre le gouvernement,en organisant la perturbation maximale de la garde des enfants les jours de grève.

M. Ferrand étant un élu du onzième arrondissement, je vous pose une question, chers habitants (et électeurs) : voulez vous un adjoint à l’éducation qui s’occupe de vos enfants… ou qui les sacrifie sur l’autel de la politique politicienne nationale ?

Thomas Zlowodzki

Ci-dessous, l'article du Monde

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-997547,0.html

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